psychose hallucinatoire chronique ou PHC - formation pour Infirmier de Secteur Psychiatrique - cours de Mr Giffard -
psychose hallucinatoire chronique
ou "PHC"
Généralités sur la psychose hallucinatoire chronique
Il s'agit d'un délire chronique se développant sur une personnalité de base dite "normale", sans passé psychiatrique.
Cette psychose de l'adulte se caractérise par des hallucinations et un automatisme mental. Le début est toujours brusque avec par exemple transmissions de pensées, sensations corporelles parasites... etc.
Clinique et diagnostic
A la période d'état on voit apparaître le triple automatisme:
automatisme idéo-verbal, annonçant les actes du sujet;
automatisme sensoriel et sensitif. Le corps ressent seul ces effets, et le sujet lui-même n'est qu'observateur;
automatisme psychomoteur, avec sursauts et gestes "obligés" par l'extérieur.
A tout cela s'ajoute un vécu persécutoire. Pour poser le diagnostic, il faut trois critères:
présence permanente d'idées délirantes;
absence de déstructuration profonde de la personnalité;
persistance de la relation à la réalité.
Les hallucinations sont riches, constantes et chroniques, surtout auditives. On aura des voix moqueuses, extérieures, influençant le sujet. Les hallucinations corporelles sont d'ordre maléfique, dues à la télévision, aux radars... etc. Il y est question d'une malveillance toujours possible.
Certaines hallucinations seront critiquées par le sujet, qui aura alors conscience de leur caractère anormal.
Le vécu délirant est fait de thèmes d'influence et de persécution. La vie psychique n'appartient plus à la personne. Le délire est vécu de manière passive, dans une ambiance dépressive.
L'évolution sans prise en charge est relativement bonne, bien que lente. La Psychose Hallucinatoire Chronique (ou P.H.C.) est peu aliénante et débute vers 35 ans. Au début, le sujet doute de ses perceptions anormales, puis finit par les garder secrètes.
L'entourage s'en rend compte quand la personne ne communique plus, alors que sa vie psychique est envahie par le délire. Le malade conserve son activité intellectuelle, ses activités ménagères.
De temps en temps on observera des phases aiguës, des moments féconds.
Diagnostic différentiel
La schizophrénie fera apparaître beaucoup de discordance.
La paranoïa ne présente pas d'automatisme mental.
Le mythomane donnera toujours une image favorable de lui.
Dans la P.H.C. l'hallucination l'emporte sur le délire.
Traitement
L'hospitalisation psychiatrique n'est pas indispensable.
Ponctuellement, durant la mise en place de neuroleptiques, on pourra hospitaliser le malade. Pour lutter contre l'hallucination, on donnera par exemple de l'Haldol ou du Piportil en surveillant les effets secondaires. Les doses seront augmentées progressivement. On associera des benzodiazépines contre l'anxiété, un tranquillisant (comme par exemple du Tercian aux effets à la fois anxiolytique et sédatif). Après le retour au domicile, des consultations régulières seront mises en place pour un suivi en psychothérapie.
La difficulté réside principalement à la sortie de l'hôpital car la P.H.C. ne répond pas bien aux traitements.
Note : la psychose hallucinatoire chronique est la nouvelle appellation pour la "paraphrénie systématique".
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Retranscription d'un exposé oral de Mr Ploton, fév 87 écrit et mis en forme par Mr Dominique Giffard pour le site "Psychiatrie Infirmière" : |
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MÀJ 13.11.11