|
|
LA CIGARETTE EN PSYCHIATRIE
Dossier témoignage, courrier n° 28 |
Question soumise à des infirmiers de secteur psychiatrique. Voici leurs réponses :
Bonsoir,
Je suis infirmier psychiatrique
depuis 30 ans et votre question
P.L.
La
consommation reguliere de cigarette traduit un rapport de dependance qui est
necessaire a la personne a un moment donne. La question a se poser serait: quel
interet il y aurait a tenter de supprimer cette dependance, et au nom de quel
principe soignant? Si la personne en a besoin, on peut se poser la question:
pourquoi? Mais c'est tout a fait autre chose de vouloir la supprimer. Les
symptomes (si symptome il y a) sont utiles a respecter et a voir comme tels. Les
supprimer a priori revient a casser le theremometre quand il y a de la fievre.
On ne la voit plus mais a part eventuellementr le soignant, ca ne rassure
personne.
Amicalement,
J.M.R.
Voivi
mon avis:
Les
soignants en psy gèrent les cigarettes car souvent la demande est plus
importante que l'offre. Tout le stocke serait fumé en une demi matinée si on
ne limitait pas le débit. Il faut a l'inverse éviter que le patient ne se
rattrape en allant fouiller les autres chambres, ou en "tapant" ou
menaçant les autres hospitalisés. C'est une affaire d'équilibre.
Rene
D.
La
cigarette est parfois LE lien qui unit un patient a l'équipe et c'est
malheureusement alors ce seul fil ténu qui permet de garder un contact fragile.
Je pense à certains schizophrènes entièrement envahis par leur délire. On
peut alors mesurer l'état du patient dans sa façon de réclamer ses
cigarettes, et il pourra alors sortir de son délire pour ce seul contact (J'ai
ce cas dans mon service!). Le supprimer revient a l'abandonner a son monde et
ses angoisses, sans plus aucune prise ni repère. C'est aussi excessivement
intrusif et agressif. La personne qui prend cette décision sera t elle capable
ensuite d'assumer les conséquences? La discussion au sein de l'equipe permet de
tempérer les ardeurs "soignantes" qu'on peut assimiler a de
l'acharnement thérapeutiques.
P.L.
Infirmier de secteur psychiatrique
Je
crois en effet que la question peut etre vue comme un questionnement =,
Qu'est ce que le fait de fumer éveille chez le soignant? Pour quoi ne le
supportai-je pas?(ça se dit comme ça?) Ou pourquoi ce patient m'insupporte? ou
pourquoi ai je réagi ainsi avec lui(Etc...)? Il est question de Moi la dedans
et non du patient.C'est là la question et méfions nous des projections qui
nous font choisir en toute bonne conscience le bien pour autrui.
sinceres
salutations Fabien T.
1) chez ns aussi on achete et on gere les cigarettes de
certains patients , aucune thérapie mais une facilité pour avoir un peu de
paix sociale ds le service , car le manque génère bcp d'agitation ! (a quand
la dop ?)
M.G.
Bien
le bonjour
La cigarette a toujours été importante en psychiatrie. Il y a quelques années, tout le monde fumait, infirmiers, médecins et patients. C'était un besoin et une facilité. Je me souviens des salles enfumées ou le café etait toujours pret à boire. La se déroulaient les réunions médicales, ou informelles... Ca n'empechait pas le travail de se faire et l'ambiance etait plutot bonne. Supprimer tout ça a surement rendu les locaux plus propres, mais est ce que le travail s'y fait mieux? On peut se poser la question ;-)
Antoine
V.
Il
y a un qu^proquo qui a toujours embrouillé la perception quand on parle de soin
en psychiatrie. C'est de croire que soin= propreté= hygiène excessive. En
psychiatrie, c'est avant tout un lieu ou des gens(inf, patients...) vivent. On
se rapproche plus a ce niveau des lieux ou exercent les éducateurs. Notre nom
d'infirmier a jeté la confusion et l'assimilation a été malheureusement
facile à faire. Or un lieu ou on vit, ne serait-ce qu 8 heures pour nous, c'est
un lieu ou on est bien. On peut alors aborder la relation à l'Autre de manière
plus détendue, et surtout écouter ce qui se passe entre lui et soi. Les
partages de cigarettes répondent a ce besoin de laisser l'individu trouver ses
repères, d'être le plus à l'aise possible, ce qui est déja difficile quand
on est hospitalisé!
M.F.
Les
cigarettes sont un vrai fléau dans les services, et cela se fait au dépend des
regles de sécurité. J'ai vu des salles fumeur ou l'alarme incendie avait été
démontée pour éviter que ca ne sonne continuellement! A la demande du
surveillant et malgré les protestations du responsable sécurité de l'hopital!
Les excuses sont que sinon le patient ira fumer dans sa chambre, loin des
regards et avec donc encore plus de risques. Mais ceci n'a jamais empeche cela!
Des patients qui fument dans leur chambre ça existe toujours malgré le salle
fumeur!
E.S.
Accès à l'ensemble des dossiers sur la "cigarette à l'hôpital: entre interdiction, tolérance et sevrage".
- http://psychiatriinfirmiere.free.fr/ - "Informer - Expliquer - Comprendre" -
|
référencement, promotion de sites partenaires, échange de liens en dur |