France innocents prison

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Article de G-O Silvagni paru dans son blog "http://www.silvagni.fr/"

 

 

En France, les innocents vont en prison.

- Décembre 2012 -

 

 

En l’espace de quelques jours, deux condamnations viennent éclairer avec cruauté l’ampleur des dégâts causés par le sarkrozysme en matière de santé et de libertés individuelles: vendredi dernier la presse titrait, sans susciter aucun commentaire notable:

"Un schizophrène condamné à seize ans de prison"

Pourtant, l’énoncé de ce titre en lui-même insupportable aurait été impensable il y a encore quelques années.

Avant Sharkozy, il ne serait venu à l’idée de personne, aussi réactionnaire ou archaïque qu’on puisse l’être, de soutenir dans la même phrase qu’un fou est condamné à de la prison. Un fou, donc un malade mental, depuis l’instauration du Code Pénal, est par définition un irresponsable.

En bon français, peut-être un peu teinté de la sagesse et de l’accent Provençal, le synonyme de "fou" c’est "ravi" ou mieux encore: on disait "l’innocent", et même, avec une majuscule verbale: l’Innocent.

Entendez, le nôtre, celui du village: laissez-le, il n’y peut rien, c’est un innocent. On dit encore aujourd’hui, un ravi, un fada. Il ne sait pas ce qu’il fait et il est inutile de lui en vouloir, qui ne comprend pas cela? On se consolera mal à la veille de Noël, en remarquant que les crèches provençales placeront quand même, comme depuis des siècles, à côté du bœuf de l’âne et des rois mages, "lou ravi", extatique, qui est un "innocent", oui, au cœur de la foi naïve et pure des enfants à la veillée qui peuvent encore croire que sont "bienheureux les simples d’esprit".

Faut-il ajouter désormais qu’étant un innocent, il est inutile mais surtout honteux de punir un fou?

En vain depuis Sarkosky, dans notre pays. Les Baumettes ne sont pas les seuls lieux de Justice où l’air qu’on respire est putride: tout est à rebâtir de fond en comble…

Un autre titre, aujourd’hui même, se détache sur fond de l’incroyable dérapage liberticide sakrozyste en matière de Justice, que la nouvelle majorité semble incapable d’interrompre:

"Marseille : la psychiatre d’un patient meurtrier condamnée à un an de prison avec sursis"

Nous y voila: puisque le fou est devenu responsable de ses actes, ceux qui sont le mieux placés pour le savoir sont évidemment les psychiatres. Et par conséquent, en laissant un fou libre de circuler, les psychiatres se rendent responsables des actes de folie commis par les patients qu’ils suivent! Admirons l’enchaînement paralogique que nous valent les salauds et les imbéciles qui se sont disputés la palme ces dix dernières années…

Dans l’émission "Conduite accompagnée" de ce samedi soir (sur France Inter, de 24h à 1h), le philosophe Christian Godin et moi n’avons pu que constater les dégâts et la perte de repères qui suit la disgrâce de la psychanalyse, qui demeure le seul corps de doctrine qui repose tout entier sur la défense du Sujet…

Il est de notoriété publique que nombre de malades mentaux sont incarcérés dans les prisons françaises, où il est impossible de les soigner. Ils y sont en danger, pour eux-mêmes comme pour les autres détenus.

Les prisons françaises, plus que jamais, frappent la France d’une marque d’infamie.

En y enfermant les malades mentaux, c’est toute la Justice française qui se déshonore, et ce sont les fondements mêmes des valeurs du pays des Droits de l’Homme qui sont bafoués à la face du monde.

Et on attend avec inquiétude l’annonce trop longtemps différée par ce gouvernement et au premier titre par Madame Taubira, de l’annulation de ces lois sarzokystes, iniques et scandaleuses, et d’un retour à une législation enfin digne de la République Française.

 

Gilles-Olivier Silvagni

 

 

 

 

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MAJ 25.12.12