bouffee delirante  - formation pour Infirmier de Secteur Psychiatrique - cours de Mr Giffard -

 FORMATION DE BASE POUR SOIGNANT

 

bouffée délirante

 

 

 

Généralités

 

C'est une psychose délirante aiguë, un état proche du rêve, ou "oniroïde". Cette maladie psychiatrique est classée dans les psychoses aiguës de l'adulte. L'éclosion du délire est soudaine, de manière polymorphe et transitoire. L'expérience délirante est vécue avec une conviction absolue.

Les anglo-saxons la nomment "-schizophrénie aiguë-".

 

Épidémiologie : le sujet est jeune, ayant parfois un terrain psychopathique ou caractériel.

 

 

Étude clinique

 

Le délire : il apparaît de façon soudaine, d'emblée constitué. Les hallucinations et les troubles du comportement seront là dès le début.

De plus, c'est un délire polymorphe ayant pour thèmes la persécution, la grandeur, la toute-puissance psychotique, la filiation mégalo-maniaque, la dépersonnalisation, une transformation somatique... etc. Le délirant pourra se donner une mission, souvent ésotérique. Le mécanisme est à base d'hallucination auditive, ou psychosensorielle... avec automatisme mental. Le sujet aura tendance à interpréter. C'est un délire variable en intensité d'un jour à l'autre. Les thèmes délirants sont enchevêtrés sans systématisation (contrairement au délire paranoïaque). Le sujet passe d'un thème à l'autre.

 

Le vécu : la conscience vivra ce délire comme une expérience irrécusable, concrète et immédiate. Il y aura ainsi une adhésion absolue du sujet à son délire, avec réactions affectives, motrices, voire même médico-légales.

 

L'altération de la conscience : le délirant n'est pas confus, et conserve ses repères dans le monde extérieur. Néanmoins quand il est hypnotisé par son délire, il peut avoir tendance à se couper de la réalité, présentant alors des troubles de l'attention.

 

Les troubles thymiques : ce sont les troubles de l'humeur et du comportement. La bouffée délirante, intensément vécue, entraîne des réactions affectives, avec par exemple une agitation maniaque, de la dépression... On observe une alternance d'agitation et d'inhibition. Il pourra ainsi y avoir des modifications des conduites alimentaires allant jusqu'au refus de s'alimenter, des fugues et des voyages pathologiques, des agressions, des comportements clastiques. Généralement le sujet est opposant, avec un comportement inattendu.

 

Les troubles somatiques : peu marqués au début, ils pourront néanmoins sans traitement devenir plus conséquents (risque de déshydratation par exemple, ou de blessures... etc.). On observe aussi des aménorrhées, des troubles du sommeil comme l'insomnie... etc.

 

 

Évolution

Sous traitement neuroleptique, la bouffée délirante évolue généralement très rapidement, bien que parfois plusieurs mois seront nécessaires pour en sortir complètement. L'évolution pourra se faire sous la forme de nouvelles bouffées délirantes aiguës par la suite. Elle pourra aussi aller vers une chronicité, vers la schizophrénie. En cas de systématisation du thème, ou de grande durée de la crise on pourra craindre cette entrée dans la schizophrénie.

 

 

Formes cliniques

 

Prédominance maniaque : on notera une exaltation, une euphorie proche de l'accès maniaque. La difficulté sera dans l'établissement d'un diagnostic différentiel. On peut néanmoins dire que la bouffée délirante présente un aspect assez désorganisé, à l'inverse de la phase maniaque véritable.

 

Prédominance dépressive : le sujet se sentira coupable, indigne, et son délire sera de forme mélancolique.

 

Prédominance confusionnelle : la désorientation temporo-spatiale apparaîtra ici plus marquée, avec troubles de la mémoire, non-reconnaissance de l'entourage, baisse de l'attention. On remarque aussi la perplexité anxieuse. Notons qu'une confusion est parfois d'origine toxique ou somatique.

 

Prédominance catatonique : c'est une forme avec prostration, hébétude et mutisme. Le patient ne réagit pas, ne mange pas. Le risque est alors la dégradation somatique. Cette forme peut se traiter par électrochocs.

 

Note importante : la bouffée délirante peut être due à une cause somatique et résulter de tumeurs cérébrales, d'encéphalites, ou de l'ingestion de produits toxiques comme le LSD, la cocaïne ou le haschich. Il conviendra de dépister les traces de piqûres pour prévenir tout état de manque chez un toxicomane.

 

 

Traitement

 

L'hospitalisation en psychiatrie s'impose pour contenir tous les troubles comportementaux, pour contrôler l'alimentation et établir un diagnostic.

 

On mettra en route une chimiothérapie à visée anxiolytique et pour faire stopper le délire. En urgence on privilégiera par exemple un neuroleptique sédatif majeur à grande rapidité d'action. Le traitement au long cours sera généralement à visée anxiolytique et sédative.

 

On mettra en place des entretiens, assez délicats les premiers temps. Le rôle de l'infirmier sera dans une présence personnelle auprès du patient, avec une attitude cohérente, claire et ferme. Il faudra lui parler, lui expliquer les décisions prises et les projets de soin même s'il ne semble pas entendre.

Envers la famille la même attitude de cohérence sera mise en place, avec déculpabilisation et bienveillance. Le patient, persécuté, amènera la famille à être très réticente quant à l'hospitalisation en unité de soin. Elle pourra alors avoir beaucoup de mal à demander une mesure de placement psychiatrique.

Au niveau du service, il faut redonner des repères, aider la personne à retrouver un rythme de vie adapté à la communauté. Ce sera le début d'une restructuration du patient.

 

Le rôle infirmier sera aussi dans la surveillance médicamenteuse, en évaluant l'anxiété ou l'angoisse, les syndromes extra-pyramidaux... etc.

 

 

 

Liens utiles:

 PSYCHIATRIE INFIRMIÈRE : PSYCHOPATHOLOGIE ADULTE

Intervention orale de Mme Deleage en mars 1987.

Écrit et complété par Mr Dominique Giffard

pour le site "Psychiatrie Infirmière" : 

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/,

références et contact e-mail.

Le délire: pathologie

ou symptôme ?

 LE DÉLIRE: PATHOLOGIE OU SYMPTOME ?

bibliographie

 

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